Petit caprice météorologique arctique

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Blog du 12 juillet 2015 – Atkinson Point

Mardi 7 juillet

Cette journée qui, selon les prévisions météorologiques, aurait dû être plutôt favorable, s’annonce tempétueuse. Notre pauvre routeur Peter Semotiuk doit en perdre son latin, un peu comme nous d’ailleurs. Nous sommes bloqués toute la journée dans cette cabane, sur le toit du monde, balayé par les vents polaires glacés. Nous réalisons que c’est juste magique d’être ici. Je suis arrivé dans cet endroit propulsé par un kayak solaire. Et chaque jour, malgré les nuages qui font écran à notre étoile, cette dernière nous apporte notre indépendance énergétique, pour notre certes petite société à moins de 100 Watts. Peut-être une belle démonstration du potentiel des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique !

Mercredi 8 juillet

Comme prévu, cette fois, la météo est détestable. Toute la nuit le vent siffle sur les murs et le toit de notre cabane. Cela est propice aux rêves. il me semble avoir revisité ma vie cette nuit là. Le réveil est un peu brutal, désorienté et seul, mon ange n’est plus là, elle est restée dans mes rêves. Nous préparons nos kayaks et nos affaires, départ demain matin tôt.

Jeudi 9 juillet

Nous ouvrons la porte de notre cabane, de la pluie, du vent et une mer tourmentée par des vagues infranchissables pour nos pauvres petites embarcations s’offrent à notre vue. Les prévisions étaient totalement fausses. Nous voilà forcés d’attendre encore. C’est quand même peu inquiétant de voir que des prévisions à 6h00 peuvent se révéler aussi mauvaises. Nous devons donc rester méfiant lors de nos prochaines navigations.

Voilà une semaine que nous avons plus vu le soleil. Nous commençons à se demander s’il ne nous a pas abandonné. Une autre dépression nous arrive dessus samedi. Il semble que dès mercredi les prévisions météorologiques laissent imaginer une accalmie. Nous avons encore un bon mois de réserve de vivre, on peut donc encore attendre. Mais si les conditions ne s’améliorent pas d’ici la semaine prochaine, ça va se compliquer. Nous profitons de cette journée pour nous éloigner de notre cabane. Nous découvrons au milieu de nulle part des traces de forages exploratoires pour du gaz ou du pétrole, l’homme est vraiment partout.

J’espère que vous profitez du soleil pour nous. A la semaine prochaine pour la suite de nos aventures polaires statiques.

Raphaël

 

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J’aimerais rappeler aux scientifiques interrogés et critiques à l’égard de nos activités que les grandes découvertes scientifiques qu’elles soient géographiques, biologiques ou archéologiques ont souvent été réalisées sans le cadre de rigueur méthodologique tel qu’il existe aujourd’hui. Prenons l’exemple de Charles Darwin. Lorsqu’il embarque à bord du HMS Beagle, il n’a pas de problématique scientifique clairement définie comme on l’exigerait aujourd’hui. Il est là pour observer, collecter, documenter. Et pourtant, ses travaux vont profondément transformer notre compréhension de l’évolution des espèces. Je trouve dommageable, pour la science elle-même, de vouloir aujourd’hui restreindre ce type de démarche. Il est vrai que certains aventuriers ou prétendus explorateurs abusent de ces titres. Pire, certains manquent de rigueur, exagèrent, voire tombent dans des formes de mythomanie. Mais cela reste, heureusement, des exceptions. Pour moi, la vraie question est celle du point de départ : soit vous cherchez à démontrer une approche d’écologie expérimental ou à soutenir une démarche scientifique, et dans ce cas l’aventure est une conséquence, pas un objectif ; soit vous cherchez avant tout à vivre une aventure, et vous tentez ensuite de lui donner du sens ou de la financer. Mais ce débat existe aussi dans la science elle-même : le...

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