De retour à Tuktoyaktuk

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Blog du 19 juillet 2015

De retour à Tuktoyaktuk

Vendredi 17 juillet

Alors que nous n’avons pas vu le soleil pendant presque deux semaines, je suis réveillé par la chaleur des doux rayons solaires au travers de la minuscule atmosphère de ma tente. Après la journée de jeudi, où nous avons navigué 14 heures et parcouru presque 100 kilomètres, dormir bien au chaud dans mon sac de couchage fût un moment de plaisir intense. Nous sommes sur une petite bute, où une cabane de chasseur est posée à la mercie des vents du passage du Nord-Ouest. Le soleil recharge mes batteries. A 14h00 nous reprenons la route pour rejoindre Tuktoyaktuk à environ 20 kilomètres de navigation. Les vents contraires et des petites cellules orageuses nous amènent une vision et des odeurs très différentes des trois dernières semaines. En début de soirée, nous sommes de retour à Tuktoyaktuk.

Même si nous n’avons pas réussi la traversée de passage du Nord-Ouest, je suis très heureux d’avoir eu la chance de vivre cette expérience, de naviguer dans l’océan Arctique avec un kayak solaire. A ma connaissance, il s’agit du premier véhicule solaire à se déplacer à une telle latitude. J’ai eu la chance d’observer des caribous, des belougas, un ours polaire, des phoques et des milliers d’oiseaux qui s’amusaient à nous survoler. Même si cet endroit est extrême et difficile, on ne peut pas rester indifférent maux régions polaires. Je termine cette journée, avec ma première douche depuis presque trois semaines, cette sensation que procure ce moment est délicieusement magique et douce.

Samedi 18 juillet

Pour que cette navigation soit véritablement solaire, je dois recharger mes batteries au niveaux qu’elles avaient lors de notre départ de Tuktoyaktuk au mois de juin, à savoir 30 % dans chaque batterie. Malgré la pluie et le mauvais temps, en fin de journée elles sont presque complètement rechargées.
Je commence à faire quelques calculs de production solaire. Un record selon moi, avec plus de 7 fois la puissance de mes panneaux photo-voltaïques produite en 24 heures. J’ai navigué avec un kayak chargé de près de 300 kilos, en haute mer avec une consommation de 35 Wh par kilomètre, soit environ 0,28 litres d’essence pour 100 kilomètres, une belle performance d’efficacité énergétique. Tout ceci, bien entendu, doit encore être validé par notre partenaire ,le CSEM, qui a développé les modules solaires de mon kayak, une super équipe d’ingénieurs brillants. Merci à eux et à tous nos partenaires pour leur soutien, mais aussi à toute mon équipe qui m’aide dans ces aventures solaires.

Dimanche 19 juillet

Au programme de la journée ; organisation de notre retour et démontage de mon kayak. Il faut tout préparer pour que nos kayaks rentrent bien protégés en Europe. Mais avec un peu de ruban adhésif et du carton, on peut tout faire. Un long voyage nous attend, un vol en twin otter pour rejoindre Inuvik, puis 7000 kilomètres en voiture en traversant tout le Canada d’ouest en est pour rejoindre Montréal, avant d’embarquer pour Paris et, depuis là, encore quelques kilomètres de voiture pour retrouver la Suisse.

Raphaël

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Autres articles

Merci au journal Le Monde et à la journaliste Audrey Garric de nous interroger et de nous citer!

J’aimerais rappeler aux scientifiques interrogés et critiques à l’égard de nos activités que les grandes découvertes scientifiques qu’elles soient géographiques, biologiques ou archéologiques ont souvent été réalisées sans le cadre de rigueur méthodologique tel qu’il existe aujourd’hui. Prenons l’exemple de Charles Darwin. Lorsqu’il embarque à bord du HMS Beagle, il n’a pas de problématique scientifique clairement définie comme on l’exigerait aujourd’hui. Il est là pour observer, collecter, documenter. Et pourtant, ses travaux vont profondément transformer notre compréhension de l’évolution des espèces. Je trouve dommageable, pour la science elle-même, de vouloir aujourd’hui restreindre ce type de démarche. Il est vrai que certains aventuriers ou prétendus explorateurs abusent de ces titres. Pire, certains manquent de rigueur, exagèrent, voire tombent dans des formes de mythomanie. Mais cela reste, heureusement, des exceptions. Pour moi, la vraie question est celle du point de départ : soit vous cherchez à démontrer une approche d’écologie expérimental ou à soutenir une démarche scientifique, et dans ce cas l’aventure est une conséquence, pas un objectif ; soit vous cherchez avant tout à vivre une aventure, et vous tentez ensuite de lui donner du sens ou de la financer. Mais ce débat existe aussi dans la science elle-même : le...

De Rivaz à Domjan

En 1807, un inventeur suisse du Valais, François Isaac de Rivaz, imagine le premier moteur à combustion fonctionnant à l’hydrogène et l’oxygène. Une invention brillante… qui allait changer le monde. Deux siècles plus tard, nous devons inventer la prochaine révolution énergétique. Si mes aventures solaires , de PlanetSolar à SolarStratos, peuvent modestement inspirer quelques personnes à croire en l’énergie solaire et à oser explorer de nouvelles voies, alors l’aventure en aura valu la peine. L’histoire des pionniers continue de s’écrire. Et le soleil n’a pas fini de nous montrer le chemin. Et j’avoue être très heureux d’être, pour l’instant, le plus jeune de ces pionniers. Je me réjouis surtout de voir cette liste s’agrandir et de découvrir de nouveaux jeunes pionniers suisses se lancer à leur tour dans l’aventure.

Nos aventures ont pris de la O teur !

Un immense merci au journal Le O et au journaliste Patrick Fischer pour cet article qui raconte cette trajectoire, ses défis et sa vision.

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