Raphaël Domjan > Expéditions > Blog du 30 juin

Ce dimanche soir, à Tuktayaktuk, le vent et la pluie tape contre la petite vitre de notre camp de base. Nous suivons l’épopée de SolarImpulse, bien réfugiés au chaud, tout en préparant notre prochaine navigation solaire à travers les glaces de l’océan Arctique.

Nos prévisions météo sont plutôt mauvaises actuellement, entre les glaces qui ne veulent pas nous ouvrir le passage, le vent et la pluie on pourrait penser que tous les éléments sont défavorables. Eh bien non ! Nous avons découvert un très inattendu, un énorme incendie en Alaska, combiné avec un vent d’est, nous a littéralement enfumé, réduisant ainsi l’ensoleillement…

Donc, nous avons de la banquise côtière, du vent, de la pluie, des moustiques et des fumées d’incendie de forêt.

Pour les Inuits, seul les glaces et le temps décident. Nous en prenons tout le sens aujourd’hui, et nous avons été forcés d’attendre presque deux semaines.

Mardi matin, notre routeur nous informe que les glaces semblent vouloir nous laisser passer. La météo semble plutôt favorable. Nous avons donc pris la décision de larguer les amarres et de mettre cap à l’est.

C’est le moment de vérité pour l’expédition SolarArcticPassage, personne n’a encore jamais navigué à l’énergie solaire dans les régions polaires. Maintenant, nous allons voir si la pratique rejoint la théorie.

Nous espérons rejoindre un abri en dur d’ici jeudi soir à la pointe Atkinson, pour laisser passer une petite dépression annoncée depuis quelques jours.

A très vite pour la suite de nos aventures.
Raphaël

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Merci au journal Le Monde et à la journaliste Audrey Garric de nous interroger et de nous citer!

J’aimerais rappeler aux scientifiques interrogés et critiques à l’égard de nos activités que les grandes découvertes scientifiques qu’elles soient géographiques, biologiques ou archéologiques ont souvent été réalisées sans le cadre de rigueur méthodologique tel qu’il existe aujourd’hui. Prenons l’exemple de Charles Darwin. Lorsqu’il embarque à bord du HMS Beagle, il n’a pas de problématique scientifique clairement définie comme on l’exigerait aujourd’hui. Il est là pour observer, collecter, documenter. Et pourtant, ses travaux vont profondément transformer notre compréhension de l’évolution des espèces. Je trouve dommageable, pour la science elle-même, de vouloir aujourd’hui restreindre ce type de démarche. Il est vrai que certains aventuriers ou prétendus explorateurs abusent de ces titres. Pire, certains manquent de rigueur, exagèrent, voire tombent dans des formes de mythomanie. Mais cela reste, heureusement, des exceptions. Pour moi, la vraie question est celle du point de départ : soit vous cherchez à démontrer une approche d’écologie expérimental ou à soutenir une démarche scientifique, et dans ce cas l’aventure est une conséquence, pas un objectif ; soit vous cherchez avant tout à vivre une aventure, et vous tentez ensuite de lui donner du sens ou de la financer. Mais ce débat existe aussi dans la science elle-même : le...

De Rivaz à Domjan

En 1807, un inventeur suisse du Valais, François Isaac de Rivaz, imagine le premier moteur à combustion fonctionnant à l’hydrogène et l’oxygène. Une invention brillante… qui allait changer le monde. Deux siècles plus tard, nous devons inventer la prochaine révolution énergétique. Si mes aventures solaires , de PlanetSolar à SolarStratos, peuvent modestement inspirer quelques personnes à croire en l’énergie solaire et à oser explorer de nouvelles voies, alors l’aventure en aura valu la peine. L’histoire des pionniers continue de s’écrire. Et le soleil n’a pas fini de nous montrer le chemin. Et j’avoue être très heureux d’être, pour l’instant, le plus jeune de ces pionniers. Je me réjouis surtout de voir cette liste s’agrandir et de découvrir de nouveaux jeunes pionniers suisses se lancer à leur tour dans l’aventure.

Nos aventures ont pris de la O teur !

Un immense merci au journal Le O et au journaliste Patrick Fischer pour cet article qui raconte cette trajectoire, ses défis et sa vision.

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